Livres de la semaine

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David Bowie

Depuis sa disparition en 2016, beaucoup de livres sont parus sur l’un des génies de l’histoire du rock mais aucun n’avait abordé l’une des facettes méconnues de David Bowie. A savoir qu’il était un lecteur compulsif qui ne se déplaçait jamais sans sa bibliothèque portative. En 2013, dans le cadre de la mémorable exposition qui lui a été consacrée au Victoria & Albert Museum à Londres, il a offert au public une liste des cent livres l’ayant le plus influencé. Dans cet ouvrage passionnant, John O’Connell analyse ces ouvrages en examinant leur impact sur la vie et l’œuvre de la star. Si les titres cultes se succèdent – de 1984 de George Orwell aux Chants de Maldoror de Lautréamont en passant par Sur la route de Jack Kerouac –, la bibliothèque de l’artiste révèle aussi son goût pour les essais, revues de bandes dessinées, occultisme, spiritualité, psychologie et histoire de l’art… affirmant un éclectisme rare et une inaltérable curiosité intellectuelle. En outre, l’auteur truffe son livre d’une kyrielle d’anecdotes qui éclaire le lecteur sur l’esprit défricheur d’un artiste avant-gardiste qui a créé une œuvre devenue culte.

Bowie, les livres qui ont changé sa vie de John O’Connell (Editions Presses de la Cité – Traduit de l’anglais par Mickey Gaboriaud).

Downtown New York Underground

Magnifique déclaration d’amour à une ville et une époque devenues légendaires, cet ouvrage nous plonge dans le chaudron incandescent qui embrasa la vie artistique new-yorkaise jusqu’au milieu des années 1970. Pourtant, au début des années 1960, le sud de Manhattan était une zone dépeuplée et sinistrée puisque les usines et les ateliers avaient été délocalisés. Cette zone de New York de moins de trois kilomètres carrés va alors devenir l’épicentre d’une incroyable révolution culturelle mariant théâtre underground, rock, performance et art vidéo. C’est cette aventure unique que retrace ce récit construit autour de huit figures majeures de cette époque : le peintre Andy Warhol, le dramaturge H.M. Koutoukas, la danseuse et cinéaste Shirley Clarke, le poète et leader des Fugs Ed Sanders, les chanteuses Patti Smith et Debbie Harry, la productrice de théâtre Ellen Stewart et la drag-queen Hibiscus, sans oublier plus d’une centaine de témoignages à travers lequels on croise les Ramones, Merce Cunningham, Lou Reed, Allen Ginsberg, Jonas Mekas, Alan Vega ou Sylvester, et où l’on pousse les portes de lieux mythiques comme The Factory, le Max’s Kansas, le Fillmore, le Chelsea Hotel ou le CBGB. Un document électrisant sur une intense épopée.

Downtown New York Underground 1958/1976. Activistes pop, cinéma indé, freaks gays & punk rockers de Kembrew McLeod (Editions Rivages – Traduit de l’anglais par Emilien Bernard).

Une histoire du rock

En 2005, Philippe Manoeuvre, le zébulon de la critique rock, publiait La discothèque idéale. Quinze ans plus tard, surfant sur le retour en grâce du vinyle, il publie, avec le concours de trois disquaires, une nouvelle histoire du rock basée sur une réévaluation d’albums cultes. Soit 202 vinyles enregistrés par des pionniers inoubliables (Little Richard, Bo Diddley, les Kinks…), des artistes psychédéliques (Van Morrison, 13th Floor Elevators…), des rockers punks disgraciés (Buzzcocks) ou gothiques (Bauhaus), ou les légendaires Beatles, Stones, Bob Dylan, Who, David Bowie, revisités à travers leurs disques cultes. L’ouvrage laisse aussi une large place aux filles du rock telles Tina Turner, Nina Simone, Janis Joplin, Bobbie Gentry, Nico, Dusty Springfield, Marianne Faithfull, Patti Smith, Blondie… Sans oublier Nick Cave, Tom Waits, Elliott Smith ou Scott Walker, artistes cheminant hors des sentiers battus du rock mainstream. Soit une histoire du rock subjective et passionnante illustrée de plus de 100 photos et pochettes.

Une histoire du rock en 202 vinyles cultes de Philippe Manoeuvre (Editions Hugo Desinge).