«Une démarche de transformation positive peut redonner confiance aux entrepreneurs, même si l’horizon est encore bouché»

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Les Chambres de commerce et d’industrie s’engagent afin de faire connaître aux entreprises industrielles les dispositifs prévus pour elles dans le cadre du plan de relance. Un projet de «réanimation» des territoires, avec des échéances à court et long terme. Mais en dépit des incertitudes, les entreprises ont des raisons d’espérer.  

Quelles sont les principales directions qu’adressent les dispositifs du plan de relance pour les entreprises industrielles? 

Nous rentrons dans une phase de réanimation des territoires.  Après le sprint qu’ont constitué les mesures d’urgence, il s’agit d’une course de fond. Le plan d’accompagnement est très riche sur le plan de la transformation écologique. Les relocalisations constituent un autre axe important, ainsi que  la formation des jeunes et la transformation digitale. Certaines démarches peuvent démarrer tout de suite, avec des mesures immédiates, comme pour le digital. D’autres prendront plus de temps à produire des effets. Par exemple, pour obtenir de nouvelles compétences, nous pouvons prendre rapidement des mesures sur l’apprentissage, mais il y aura un délai avant que les personnes formées ne deviennent opérationnelles. Pour  les métiers de demain visés par le plan, avec, par exemple, la filière hydrogène, qui va nécessiter l’installation d’électrolyseurs, il va être nécessaire de former de nombreux  de jeunes. 

Quel rôle va jouer le réseau des CCI  dans la relance? 

Nous allons appeler 30 000 entreprises industrielles de moins de 250 salariés, sur tout le territoire. Nous avons déjà commencé dans certaines régions, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes et dans les Hauts-de-France. Comme nous connaissons bien le tissu des entreprises sur le territoire, nous allons cibler les propositions sur leurs problématiques spécifiques. Par exemple, si une entreprise avait déjà une activité à l’export, nous allons lui proposer des éléments en ce sens que comporte le plan de relance, comme la possibilité de financer un VIE ( Volontaire International en entreprise), avec un ticket de 5 000 euros. Pour une autre qui a l’habitude d’embaucher des apprentis, nous allons nous focaliser sur les mesures prévues pour le recrutement de nouvelles compétences. En plus de cette mission d’information, nous continuons à accompagner les entreprises avec nos propres outils, déjà existants, par exemple les marketplaces  développées par les CCI, pour les commerçants de proximité. 

Après ces mois difficiles, les entrepreneurs vous semblent-ils prêts à relever le défi? 

En dépit de la politique de l’offre du gouvernement, les entreprises diffèrent leurs investissements. 73% des entreprises n’envisagent pas d’investir dans les six mois parce qu’elles manquent de visibilité, d’après un sondage de les CCI de La Rochelle et de Rochefort. Et avec les hypothèses de «stop and go» de la pandémie, nous n’avons jamais connu une incertitude aussi forte. Mais pour les entrepreneurs, il existe aussi des éléments de confiance : leur propre entreprise, la manière dont est conçu le plan de relance, la  pérennité de  l’accompagnement. Dans la période où nous sommes, on peut donner de la valeur supplémentaire à son entreprise en la transformant, en la rendant plus agile et compétitive. Par exemple, 75% du commerce de l’habillement/chaussure n’est pas numérisé. Il y a aujourd’hui une prise de conscience qu’il faut aller vers ces nouvelles pratiques commerciales. Être dans une démarche de  transformation positive peut redonner confiance aux entrepreneurs, même si l’horizon est encore bouché. Ils ne perdent pas leur temps. 

Anne DAUBREE